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Le télétravail est-il le vrai coupable du chômage des jeunes ?

Le télétravail est-il le vrai coupable du chômage des jeunes ?

L’IA est souvent pointée du doigt, mais le télétravail pourrait bien être le vrai responsable de la hausse du chômage chez les jeunes. Explications et solutions.

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Le télétravail est-il le vrai coupable du chômage des jeunes ?

L’IA vole nos jobs. On l’entend partout. Les robots remplacent les humains, les algorithmes virent les employés, et demain, on finira tous à distribuer des prospectus pour des chatbots. Sauf que… et si le vrai problème, c’était le télétravail ?

Ouest-France a récemment pointé du doigt une tendance troublante : le chômage des jeunes explose, mais pas à cause des machines. À cause des bureaux vides. Des open spaces déserts. Des managers qui préfèrent embaucher un senior en remote plutôt qu’un junior en présentiel.

Alors, l’IA, c’est le bouc émissaire parfait ? Ou est-ce qu’on a simplement oublié de regarder ailleurs ?


L’IA, ce paratonnerre bien pratique

Quand un jeune galère à trouver un boulot, c’est facile d’accuser l’intelligence artificielle. "L’IA a automatisé mon poste !" "Les algorithmes m’ont remplacé !" "Skynet a gagné !"

Sauf que les chiffres ne suivent pas.

D’après une étude de l’OCDE, les tâches les plus automatisées ne sont pas celles des juniors, mais celles des métiers intermédiaires : comptabilité basique, saisie de données, support client standardisé. Des jobs souvent occupés par des profils expérimentés, pas par des débutants.

En revanche, ce qui a vraiment changé, c’est la façon dont on embauche.

Et là, le télétravail entre en scène comme un éléphant dans un magasin de porcelaine.


Le télétravail, ou comment saboter l’embauche des jeunes sans le vouloir

Imaginez : vous êtes un manager. Vous avez deux CV sur votre bureau.

  • CV 1 : Jean-Michel, 55 ans, 20 ans d’expérience, habite à 300 km mais accepte le 100% remote.
  • CV 2 : Kevin, 22 ans, fraîchement diplômé, habite à 10 km mais veut venir au bureau pour apprendre.

Qui allez-vous choisir ?

Si vous répondez "Kevin", bravo, vous faites partie des 12% de recruteurs qui résistent à la tentation du télétravail facile.

Pour les autres, c’est simple : le télétravail favorise les profils expérimentés. Pourquoi ?

  1. Un senior en remote = moins de risques Pas besoin de le former. Il connaît le métier. Il gère son temps. Et s’il foire, il a assez d’expérience pour rattraper le coup sans que ça se voie.

  2. Un junior en présentiel = un investissement Il faut lui expliquer les processus, le former, répondre à ses questions. En présentiel, c’est faisable. En remote ? Bonne chance.

  3. Les bureaux vides = moins d’opportunités pour les jeunes Avant, un stagiaire pouvait traîner près de la machine à café et glaner des conseils. Aujourd’hui, la machine à café est chez lui, et les conseils aussi.

Résultat : les jeunes se retrouvent exclus du marché du travail parce qu’on préfère embaucher des gens qui n’ont pas besoin d’être encadrés.

Et l’IA dans tout ça ? Elle sert surtout de paravent. C’est plus simple d’accuser une machine que de reconnaître qu’on a merdé dans l’organisation du travail.


Exemples concrets : quand le remote tue l’emploi junior

Prenons trois secteurs où le télétravail a tout changé :

1. La tech (évidemment)

Avant, les startups embauchaient des juniors en CDI pour les former sur place. Aujourd’hui, elles préfèrent :

  • Des freelances expérimentés en remote (moins chers, pas de charges).
  • Des seniors en contrat court pour "booster" l’équipe.

Conséquence : Les écoles d’informatique sortent des promo entières qui galèrent à trouver un premier job. Même les outils IA censés les aider ne compensent pas le manque d’expérience terrain.

2. Le conseil et l’audit

Les cabinets recrutaient des jeunes diplômés pour faire le sale boulot (les slides PowerPoint à 3h du mat). Maintenant, ils externalisent ces tâches à des indépendants en Inde ou en Europe de l’Est.

Conséquence : Les écoles de commerce voient leurs anciens élèves enchaîner les stages non rémunérés, faute de postes juniors.

3. Le service client

Avant, les centres d’appels formaient des armées de jeunes. Aujourd’hui, on préfère :

  • Des chatbots (oui, là, l’IA joue un rôle, mais pas celui qu’on croit).
  • Des employés expérimentés en remote pour gérer les cas complexes.

Conséquence : Les contrats en alternance dans ce secteur ont chuté de 40% en deux ans.


L’impact au quotidien : quand le bureau devient un club privé

Le pire, c’est que le télétravail crée une boucle vicieuse :

  1. Les seniors restent en remote → Ils gardent leurs connaissances pour eux.
  2. Les juniors ne montent pas en compétences → Ils restent bloqués sur des missions basiques.
  3. Les entreprises préfèrent embaucher… des seniors en remote → Parce que c’est plus simple.

Résultat : Un marché du travail qui ressemble à une pyramide inversée :

  • En haut : des seniors bien payés, en remote, intouchables.
  • En bas : des jeunes qui enchaînent les CDD, les stages, et les petits boulots.

Et l’IA ? Elle est là, oui, mais surtout pour automatiser les tâches ingrates que plus personne ne veut faire – y compris les juniors, qui n’ont même plus accès à ces missions.


Alors, on fait quoi ?

1. Rééquilibrer le présentiel/remote pour les juniors Certaines entreprises l’ont compris : le télétravail à 100% pour les débutants, c’est une catastrophe. Des boîtes comme LVMH ou TotalEnergies imposent maintenant 2-3 jours de présentiel minimum pour les moins de 30 ans.

2. Créer des programmes de mentorat hybrides Plutôt que de laisser les jeunes se débrouiller seuls devant leur écran, des sociétés comme Accor utilisent des agents IA pour les guider, tout en gardant un suivi humain régulier.

3. Valoriser les compétences "présentielles" Savoir travailler en équipe, gérer un projet en face-à-face, négocier avec des collègues… Ces soft skills deviennent rares, donc précieuses. Certaines écoles commencent à les enseigner comme des matières à part entière.

4. Arrêter de diaboliser l’IA pour ce qu’elle ne fait pas L’IA ne vole pas (encore) les jobs des jeunes. Elle transforme les métiers, et ça, c’est une opportunité. Même les douaniers s’y mettent pour détecter les fraudes – un secteur qui recrute des juniors formés à ces outils.


Conclusion : et si on arrêtait de chercher un coupable ?

L’IA, c’est le méchant parfait : abstrait, flou, et ça fait peur. Le télétravail, c’est plus concret, mais moins sexy à critiquer. Pourtant, c’est lui qui, aujourd’hui, prive les jeunes d’opportunités.

La bonne nouvelle ? Ce n’est pas une fatalité.

  • Les entreprises peuvent réinventer l’hybride pour ne pas sacrifier une génération.
  • Les jeunes peuvent se former aux outils qui comptent (et pas seulement à l’IA, mais aussi au travail collaboratif).
  • Les politiques publiques peuvent inciter à l’embauche de juniors via des aides ciblées.

Bref, l’IA n’est pas le problème. Le problème, c’est qu’on a oublié que le travail, ça s’apprend aussi en regardant les autres faire. Et ça, aucun algorithme ne peut le remplacer.

Alors, la prochaine fois qu’on vous dit que "l’IA tue l’emploi", demandez plutôt : "Et le télétravail, il fait quoi dans l’histoire ?"


FAQ

[Le télétravail est-il vraiment pire que l’IA pour l’emploi des jeunes ?] Oui, dans l’immédiat. L’IA automatise surtout des tâches répétitives, souvent occupées par des profils intermédiaires. Le télétravail, lui, favorise les seniors expérimentés au détriment des juniors qui ont besoin d’encadrement. Les deux ont un impact, mais le télétravail est aujourd’hui plus discriminant pour les jeunes.

[Quels secteurs sont les plus touchés par cette tendance ?] La tech, le conseil, le service client et les métiers de la finance sont en première ligne. Dans ces domaines, les postes juniors en présentiel ont fortement diminué, remplacés par des profils expérimentés en remote ou des outils d’automatisation.

[Comment un jeune peut-il contourner ce problème ?] En misant sur les compétences hybrides : maîtriser les outils digitaux (y compris l’IA) tout en développant des soft skills "présentielles" (négociation, gestion de projet en équipe). Les entreprises recherchent de plus en plus ce profil "double compétence". Certains outils IA peuvent aider à se former sans attendre un poste en CDI.

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